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L’amiante, qu’est-ce que c’est ?

 

L’amiante désigne des minéraux à texture fine et fibreuse. Il est présent à l’état naturel dans les sols français et même être à nu dans des zones où la roche du sous-sol est visible (Haute-Corse, Loire-Atlantique, Hautes-Alpes, Haute-Garonne, Savoie, Haute-Vienne, Côtes-d’Armor…).

Pour être plus précis, ce sont des silicates magnésiens ou calciques, fibreux et réfractaires (résistants à la chaleur) mais qui peuvent également contenir des minéraux siliceux non fibreux (quartz, feldspath, mica…) en petite quantité.

 

Terme générique, le mot “amiante” est plutôt utilisé par l’industrie, regroupant six minéraux. L’utilisation de matériau fut surtout développée depuis la fin du XIXe siècle, quand les industriels se sont intéressés à ses nombreuses propriétés  :

  • Faible conductivité thermique, acoustique et électrique,
  • Résistances :  mécanique (à la traction, à la flexion et à l’usure), aux agressions chimiques (acides et bases), au feu
  • Élasticité,
  • Possibilité d’être filé et tissé…

 

En conclusion, toutes ces propriétés techniques associées à un coût peu élevé ont fait l’essor de ce matériau.

A quoi peut-il servir ?
  • Isolation thermique :
    • en bourrage ou en flocage ou projection (amiante brut en vrac)
    • de canalisations, d’équipements de protection individuelle (EPI), de câbles électriques… (amiante tissé ou tressé)
    • d’équipements chauffants, de faux-plafonds, de joints… (amiante sous forme de plaques de papier ou de carton d’épaisseur de 5 à 50 mm)
  • Filtration (amiante sous forme de feutre)
  • Confection de mortiers à base de plâtre, dans des mortiers-colles, de colles, d’enduits de finition… (amiante sous forme de poudre)
  • Fabrication de divers composés pour la construction : plaques ondulées, éléments de façade, gaines de ventilation, canalisations… (amiante mélangé à du ciment ou amiante-ciment)
  • Incorporation à des peintures, vernis, mastics, mousses d’isolation… (amiante comme charge minérale)
  • Fabrication de joints, revêtements, ustensiles ménagers, garnitures de freins… (amiante mélangé à des matières plastiques ou à des élastomères)
  • Étanchéification des toitures, anticorrosif, revêtements routiers… (amiante incorporé aux bitumes)

 

Pourquoi l’amiante est toxique pour l’homme ?

 

Un matériau toxique et interdit en France depuis 1997.

 

En fait, ce sont deux facteurs qui font que les fibres s’immiscent dans les poumons pour ne plus en ressortir : la taille et la géométrie des fibres.

Parce que qu’elles sont minuscules, de 400 à 500 fois plus fines qu’un cheveu, les fibres sont invisibles à l’œil nu et peuvent aller se loger au plus profond de nos poumons. Leur géométrie fait qu’elles seront ensuite impossibles à éliminer par notre organisme.

Une fois inhalées, les fibres provoquent des affections diverses. Et  certaines sont d’une extrême gravité : maladies respiratoires graves, asbestose (fibrose pulmonaire), cancers broncho-pulmonaires, cancers de la plèvre (mésothéliome) et cancers des voies digestives.

Plus l’exposition à l’amiante est grande (en quantité et en fréquence), plus la probabilité de tomber malade s’élève. Son principal problème est que certaines maladies peuvent cependant survenir après de faibles expositions.  Bien souvent, ces maladies surviennent plusieurs années après des expositions à  l’amiante.

De plus, on dénombre parmi les  victimes principales les « travailleurs de l’amiante », mais également des personnes qui ont été exposées de manière environnementale et souvent à leur insu.

Selon l’INRS : « il s’agit de la deuxième cause de maladies professionnelles et de la première source en terme de coût. »

L’amiante est-il aussi néfaste pour l’environnement ?

Depuis de nombreuses années, l’amiante a été libéré dans l’environnement en grandes quantités. Et pour une fois , l’homme n’est pas le seul responsable ! En effet, des émissions naturelles se produisent, notamment sous l’effet de la décomposition à l’air de roches serpentiniques. Ainsi, les analyses retrouvent les fibres dans l’air, l’eau, les sols et les sédiments.

Dans le milieu aquatique, les fibres d’amiante troublent l’eau mais sont insolubles. Dans l’air, la présence d’amiante dépend de la taille des fibres. Certaines peuvent  être transportées dans l’atmosphère sur des centaines de kilomètres en fonction de leur taille. Les intempéries réduisent la taille des fibres. Les  fibres d’amiante sont absorbées par le sol si elles font  moins de 2 mm et sont alors considéré comme non dangereux. Les sols et sédiments servent ainsi de lieux d’accumulation.

A ce jour, peu d’études semblent s’être concentré les impacts éventuels de l’amiante en matière de faune, flore, fonge ou écosystèmes.

 

Interdiction

Bien que les dangers de l’amiante soient connu depuis 1890, il aura fallu attendre près d’un siècle, pour que l’amiante soit interdit dans de nombreux pays, retard qui a été et sera encore la cause de la mort de dizaines de milliers de personnes.

En France, c’est l’année 1997 qui sonne l’interdiction définitive : l’amiante ne sera plus ni fabriqué ni importé mais restera cependant présent dans de nombreux bâtiments et éléments sur lesquels il faudra rester vigileants.

Au niveau Européen, la directive 99/77/CE interdit  toute extraction, fabrication, transformation de fibres d’amiante en 1999.

Cependant dans le monde, en 2012, l’amiante n’était interdit que dans 52 pays et 2,5 millions de tonnes d’amiante étaient encore produites chaque année.

Principales professions concernées par les risques d’inhalation de poussière amiantée.

 

  • Désamianteurs (le personnel des entreprises de travaux de retrait d’amiante)
  • Collaborateurs des entreprises du BTP chargées des travaux de démolition ou de réhabilitation
  • Professionnels du second œuvre du BTP, de l’entretien ou de la maintenance (plombier, électricien, chauffagiste, peintre…)
  • Personnels travaillant dans la gestion, le recyclage ou le traitement des déchets
  • Personnes intervenant sur des terrains amiantifères (cela inclut les diagnostiqueurs immobiliers, les assureurs…)
  • Les salariés qui travaillent dans des bâtiments contenant de l’amiante peuvent être également exposés.
Cadre réglementaire :

La réglementation relative au risque amiante couvre plusieurs aspects : santé publique, environnement et travail.

Concernant les travailleurs, en complément des dispositions relatives aux risques chimiques et aux CMR, le Code du travail prévoit des dispositions spécifiques qui doivent s’appliquer à tous les travaux exposant à l’amiante.

  • Respect de la VLEP contraignante des fibres amiantées
  • Information et formation des travailleurs exposés auprès d’organismes certifiés suivant la catégorie de l’activité, formation validée par une attestation de compétence
  • Rédaction d’une notice de poste destinée aux salariés et d’une fiche d’exposition dont une copie est remise au médecin du travail
  • Attestation d’exposition délivrée aux salariés à leur départ de l’entreprise
  • Surveillance médicale renforcée
  • Travaux interdits aux jeunes et aux travailleurs temporaires
  • Durée maximale de travail avec port d’équipement de protection respiratoire, temps d’habillage, de déshabillage et de décontamination, temps de pause après retrait d’un EPI respiratoire
  • Gestion des déchets amiantés
  • Activités de confinement et de désamiantage : les travaux doivent impérativement être réalisés par des entreprises qualifiées, qu’il s’agisse d’enlèvement ou de confinement de l’amiante friable ou d’opérations de retrait d’amiante non friable à risques particuliers. Pour toute opération, un plan de retrait et de confinement doit être élaboré et mis en place par l’employeur.
  • Activités comportant des interventions sur des matériaux ou appareils susceptibles de libérer des fibres amiantées, et les travaux sur des terrains amiantifères.

 

Principes de prévention du risque amiante

A ce jour, il est impossible de supprimer totalement le risque, seule la prévention permet de le limiter. Elle doit être mise en place par des professionnels.

Cette prévention (hors travaux de confinement et de retrait d’amiante) s’appuie sur les principes suivants :

  • Recherche de la présence du matériau pour les bâtiments et produits construits ou fabriqués avant 1997 (consultation des dossiers techniques amiante, les “DTA” ou constat amiante avant-vente…)
  • Si possible, pas d’intervention sur les matériaux pouvant contenir de l’amiante
  • À défaut, limitation de l’émission de fibres amiantées en recherchant les techniques qui produisent le moins de poussières : aspiration à la source, utilisation d’outils manuels ou à vitesse lente, travail à l’humide en complément port d’EPI spécifiques et réglementaires (masque respiratoire, combinaison jetable…)
  • Pour les opérations avec obligation de forts empoussièrements : confinement de la zone de travail, installation d’extracteurs d’air, masque à ventilation assistée TM3P, combinaison jetable type 5, sac à déchet, aspirateur à filtre à très haute efficacité…
  • Transport, conditionnement et élimination des déchets amiantés en fonction de leur nature dans des centres de traitements adaptés.

 

Substituts de l'amiante

Aucun matériau n’a, exactement, les mêmes avantages que les fibres amiantées. Cependant, depuis une vingtaine d’années, diverses solutions en fonction des besoins spécifiques existent pour le remplacer. Notamment, se retrouvent les fibres :

  • Naturelles organiques (cellulose)
  • Minérales artificielles (FMA) : les laines de verre, les laines de roche, les laines de laitier (issues des laitiers sidérurgiques), les filaments continus de verre, les microfibres et les fibres céramiques réfractaires
  • Minérales (carbone)
  • Organiques synthétiques (aramide)

Il existe également :

  • Les charges minérales expansées de type vermiculite de la  famille des micas ou de la perlite verre volcanique pauvre en eau,
  • Les revêtements ablatifs comme les peintures intumescentes afin de se prémunir contre la propagation incendie…

Pourtant, à ce jour, aucune étude ne se penche réellement sur la toxicité de certains de ces matériaux fibreux .

Les fibres céramiques réfractaires sont déjà reconnues comme cancérogènes. Quant à elles, les laines de roches et de laitier peuvent être considérées comme potentiellement dangereuses. Dès lors, en attendant la mise en place de précautions réglementaires et d’études, s’aligner sur les mesures de prévention du risque amiante reste la seule solution.

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